Une façon naturelle de se rafraîchir en ville

L’été est arrivé – on veut (et on nécessite) une baignade rafraîchissante. Je ne sais pas si vous avez déjà entendu parler de cette classification : il y a les gens de la mer, et puis les gens de la piscine. Les premiers se baignent dans un environnement naturel, tandis que les seconds reçoivent une dose de chlore s’ils veulent nager. N’est pas? En fait, vous pourriez aussi ‘go natural’ dans une piscine. Notamment, dans une sorte d’espace de baignade écologique aussi appelé piscine naturelle. Le concept fait référence à des piscines ou des étangs conçus pour la baignade, mais avec de la place pour la nature : ils utilisent la vie végétale – et des murs en pierre et des filtres physiques – pour maintenir l’eau propre. Une piscine naturelle favorise l’activité biologique naturelle, et c’est pourquoi elle fonctionne sans produits chimiques ajoutés comme le chlore, ni rayons UV ou des appareils à ultrasons – ce qui aurait l’effet inverse sur l’environnement écologique. Le processus par lequel les plantes sont utilisées pour nettoyer les environnements contaminés est appelé phytoremédiation et il est également appliqué contre de nombreux types de polluants du sol – y compris les métaux, les pesticides, les explosifs et le pétrole – pour rétablir l’équilibre écologique dans une zone minière, par exemple.

Une piscine naturelle, en n’utilisant pas de produits chimiques, nécessite généralement une section entière – la « zone de régénération » – qui sert uniquement à nettoyer biologiquement l’eau. La zone de baignade restante est donc limitée, ce qui rend les piscines naturelles de plus petite taille plus compliquées à mettre en place. De plus, les piscines écologiques coûtent plus cher à installer. Au fil du temps, cependant, elles sont moins chères en raison de l’absence de produits chimiques à acheter et parce que, si elles sont bien conçues, elles ne nécessitent pas d’entretien spécifique. On pourrait alors penser que le facteur taille et les coûts d’exploitation réduits à long terme rendraient les piscines naturelles particulièrement adaptées aux grandes infrastructures publiques. Pourtant, si les piscines naturelles existent depuis une bonne soixantaine d’années, elles étaient à l’origine utilisées dans des résidences privées. Des obstacles juridiques et techniques ont dû être surmontés pour permettre le passage du privé au publique dans les années 1990, principalement en Europe. Aujourd’hui, la tendance semble s’amplifier.

En Belgique, le Boekenbergpark d’Anvers propose depuis 2007 la première piscine publique écologique du pays. Construit par le cabinet d’architecture paysagiste allemand Dongus, son sol est tapissé de plus de 22 000 plantes aquatiques pour maintenir la pureté de l’eau. Par conséquent, il ne contient aucun produit chimique ajouté. Ouverte au public de mai à septembre, cette piscine de plein air se compose d’un grand bassin de 73 m de long, d’un petit bassin ludique et d’un grand bain de soleil. Combiné avec sa situation au milieu du parc, c’est devenu un endroit très populaire pour une baignade estivale dans la ville – apparemment, il peut y avoir beaucoup de monde les jours chauds !

D’autres pouvoirs publics ont suivi l’exemple. La piscine naturelle de Webber Park à Minneapolis a été la toute première -publique- aux États-Unis en 2015. Et en même temps, le Royaume-Uni avait également sa première piscine naturelle publique à King’s Cross à Londres en tant qu’installation artistique temporaire. Le Naturbad Riehen, en Suisse, permet, pour une somme modique, de reproduire l’expérience de se baigner dans un lac entouré d’un design contemporain. 

En conclusion, ces piscines semblent un bon moyen naturel de se rafraîchir, surtout en milieu urbain. Vous partagez peut-être votre bain avec des grenouilles, mais bon, l’absence de produits chimiques est super bonne pour la santé de votre peau.