Qu’est-ce que les communs ?

Nous avons parlé des « communs » dans plusieurs de nos billets de blogue. Mais qu’est-ce que les communs, exactement ? Shareable a publié un court article explicatif sur le concept et son histoire..

La plupart des gens ont probablement découvert le terme à travers les espaces publics de la ville, les jardins collectifs urbains et, bien sûr, Wikipédia. La plupart d’entre nous ne réalisent pas nécessairement ce que sont des biens communs et nous n’investissons pas beaucoup de temps à réfléchir à leurs implications. L’air respirable est une forme de bien commun dont nous avons pris conscience avec la pollution et pendant la pandémie en protégeant notre air partagé à l’aide de couvre-visages.

La plupart des communs « comprennent une ressource, une communauté et un ensemble de protocoles sociaux. Les trois forment un tout intégré et interdépendant. Les questions clés sont de savoir si une communauté particulière est motivée pour gérer une ressource comme un bien commun et si elle peut proposer les règles, les normes et les sanctions nécessaires pour faire fonctionner le système ». Avec la prééminence des marchés dans nos vies, nous manquons souvent de conscience de la possibilité et la motivation de participer.

Historiquement, les habitants des zones rurales dépendaient du libre accès aux biens communs (forêts, champs, prairies) par le biais des principes économiques de réciprocité et de redistribution. Lorsque les terrains communs ont été clôturés et privatisés, les gens ont migré vers les villes, devenant des employés dans les usines et des consommateurs individuels. Ils ont perdu leur identité commune et leur capacité d’autogouvernance.

Non seulement l’économie de marché nous fait oublier l’existence et les bienfaits des communs, mais leur influence grandit et impacte nos vies de plus en plus. Si vous vivez dans une grande ville, de nombreux endroits ont de moins en moins d’espaces véritablement publics. Par exemple, les espaces « publics » pourraient ressembler à une place devant un gratte-ciel avec quelques bancs. Souvent, ces espaces appartiennent en fait au propriétaire du bâtiment et non au domaine public.

Partout dans le monde, tous les aspects de la vie sont monétisés avec l’expansion des droits de propriété privée : l’eau, les semences, la biodiversité, le génome humain, les infrastructures publiques, les espaces publics dans les villes, la culture et le savoir.

C’est pourquoi il est si important de redécouvrir le concept et d’investir un peu de temps à réfléchir aux communs du passé et à la manière dont certains mécanismes de marché et de monétisation pourraient être remplacés par des ressources communes.

Les communs offrent un moyen puissant de reconceptualiser les gouvernements, l’économie et les politiques à l’échelle mondiale à un moment où l’on est incapable de réformer l’ordre existant. La tâche la plus urgente est d’élargir la conversation sur les communs et de l’ancrer dans la pratique réelle.

Il est également important de démystifier l’idée de « la tragédie des biens communs ». Beaucoup de gens, y compris de nombreux politiciens malheureusement, croient que c’est le destin d’un bien commun d’être surexploité et de disparaître. C’est un mythe, réfuté à plusieurs reprises au fil des années. Voici deux bons articles publiés par Aeon pour démystifier l’idée.


La tragédie des biens communs est un mythe dangereux.

Ostrom et ses collègues constatent que les caractéristiques d’un système efficace comprennent : des limites claires (la communauté qui gère le bien commun doit être bien définie), une surveillance fiable de la ressource partagée, un équilibre raisonnable des coûts et des avantages pour les participants, un processus prévisible pour une résolution rapide et équitable des conflits, une série croissante de sanctions pour les tricheurs et de bonnes relations entre la communauté et les autres niveaux d’autorité (des chefs de ménage aux institutions internationales).

Le défi de reconquérir les biens communs du capitalisme.

En grande partie, cette perte est enracinée dans la tragédie du privé. Cette notion a commencé comme une idée curieuse et est devenue une idéologie, puis un système économique mondial. Elle revendiquait l’égoïsme, l’avarice et la propriété privée comme les véritables germes du progrès. En effet, le concept erroné appelé « la tragédie des biens communs » a ses origines dans l’hypothèse sophomorique selon laquelle l’intérêt privé est le guide naturellement prédominant de l’action humaine. Cependant, la vraie tragédie n’est pas dans les biens communs, mais dans le privé. C’est le privé qui produit la violence, la destruction et l’exclusion. L’idée du privé sépare, exploite et épuise ceux qui vivent sous sa froide logique de fonctionnement.

Image: Bannière du Ballard Sunday Farmers’ Market à Seattle, Washington, par Joe Mabel via Wikimedia Commons