L’Amsterdam circulaire

En 1602, à Amsterdam, un marchand commence à vendre des actions de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales. Selon certains, c’était le début du capitalisme, et c’est depuis lors le système économique dominant. Il n’est pas surprenant, compte tenu de notre situation actuelle en matière de pandémie et de climat, qu’un nombre croissant de penseurs et d’organisations imaginent d’autres façons d’avancer. Certaines villes ont décidé d’essayer un cadre récent et prometteur développé par l’économiste britannique Kate Raworth : le “doughnut”.

Au lieu d’assimiler la croissance du PIB à une société prospère, notre objectif devrait être de faire en sorte que l’ensemble de la vie humaine s’inscrive dans ce que Raworth appelle le « point idéal » entre les « fondements sociaux », où chacun dispose de ce dont il a besoin pour mener une bonne vie, et le » seuil environnemental ». […]

Anneau intérieur : Douze éléments essentiels de la vie dont personne dans la société ne devrait être privé ; Anneau extérieur : Neuf limites écologiques des systèmes de maintien de la vie sur terre que l’humanité ne doit pas collectivement dépasser; Douce zone : L’espace à la fois écologiquement sûr et socialement juste où l’humanité peut s’épanouir. (C’est moi qui souligne)

Amsterdam montre la voie, en mélangeant les concepts de « doughnut” avec ceux de l’économie circulaire, pour à la fois réduire sa consommation de ressources planétaires limitées, et augmenter le niveau de vie de sa population.

Pour ce faire, ils ont à la fois mis en avant de nouvelles politiques que la ville elle-même met en œuvre, et constitué un groupe d’associations de résidents pour lancer des projets par eux-mêmes. Pour un nouveau projet de construction important, par exemple, la ville a changé la façon dont le développement se fait.

La ville a introduit des normes de durabilité et d’utilisation circulaire des matériaux pour les entrepreneurs dans tous les bâtiments appartenant à la ville. Toute personne souhaitant construire sur l’île Beach, par exemple, devra fournir un « passeport des matériaux » pour ses bâtiments, de sorte qu’à chaque fois qu’ils seront démolis, la ville pourra en réutiliser les parties.

Pendant la pandémie, au lieu d’acheter de nouveaux ordinateurs portables pour tous les élèves qui en avaient besoin pour leur scolarité confinée, elle a réutilisé intelligemment.

Plutôt que d’acheter de nouveaux appareils – ce qui aurait été coûteux et aurait fini par contribuer au problème croissant des déchets électroniques – la ville a organisé des collectes d’ordinateurs portables anciens et cassés auprès des résidents qui pouvaient s’en passer, a engagé une entreprise pour les remettre en état et en a distribué 3 500 à ceux qui en avaient besoin. « C’est une petite chose, mais pour moi, c’est un pur beignet », déclare M. van Doorninck.

Dans certains cas, Amsterdam encourage le secteur privé à faire sa part, tout en établissant des projets porteurs pour leur donner un coup de main. Dans ce cas, pour que les fabricants de jeans utilisent eux-mêmes davantage de matériaux recyclés, ils mettent en place des collectes et des ateliers de réparation.

La ville organise des collectes de vieux jeans auprès des habitants d’Amsterdam et créera éventuellement un atelier de réparation partagé par les marques, où les gens pourront faire réparer leurs jeans plutôt que de les jeter.

Depuis un certain temps, des personnes de divers horizons politiques, plutôt à gauche mais d’autres aussi, ont commencé à remettre en question la suprématie des mesures du PIB dans les décisions politiques. La vision du “doughnut” propose que « la croissance économique doit être considérée comme un moyen d’atteindre des objectifs sociaux dans des limites écologiques, et non comme un indicateur de réussite en soi. » L’intégration du concept de production circulaire est un ajout digne d’Amsterdam et souvent inclus dans les discussions de la Fab City également, deux nouvelles directions à surveiller.